Yannis Youlountas

Philosophe ou poète ? Humain tout simplement ! L'existence est muette et l'étiquette ment.


Octobre 2008 :
Retour aux fondamentaux


Mini-vidéo-ante-scriptum :


Depuis quelques semaines, certains d’entre vous m’ont interpelé : « alors , Yannis, tu n’écris plus sur le site ? Plus d’édito, plus rien ? ».

En effet, depuis pas mal d’années, j’ai pour habitude de prendre du recul durant les beaux jours. Je cultive mon jardin, au sens propre comme au sens figuré. J’essaie de vivre comme je le conseille : en prenant le temps. Le temps de lire, de jardiner, de cuisiner, d’aimer… Cela ne s’oppose pas à la résistance et à l’insoumission, bien au contraire : c’est une condition qui fait sens, sans quoi toute alternative au système serait fausse.

« Ne pas être de ces donneurs de leçons... »

J’essaie de ne pas être de ces donneurs de leçons qui professent des tas de choses sans jamais en montrer le moindre échantillon. Comme ironise Minga [1] : « beaucoup voudraient nous vendre tout et n’importe quoi sans avoir le produit en stock, notamment la plupart des politiciens qui nous parlent de démocratie ».

Et puis, au sortir d’un nouvel accident en mars dernier, j’ai dû marcher patiemment sur les chemins de la guérison : des bords de mer sinueux de ma Grèce d’origine aux sentiers broussailleux de la Montagne Noire. Marcher, c’est une autre façon d’écrire.

J’ai bu, ri, pensé, dialogué avec des amis de tous horizons. Des amis que j’aime écouter, lire, questionner, contredire... Des amis connus ou inconnus, mais qui ont tous à mes yeux la même valeur. Des amis qui diffèrent et ne s’apprécient pas toujours entre eux, mais entre lesquels je ne veux pas choisir. Par exemple, je ne partage pas toutes les opinions de Gunter Gorhan, Michel Tozzi, Paul Ariès, Michel Onfray, Bernard Joubert ou Bernard Langlois, entre autres, mais je leur trouve une force de conviction à toute épreuve, une grande humilité dans le questionnement, une persévérance dans l’action et un art de vivre sans lequel tout le reste ne serait que fumisterie. C’est à l’aune de leur attitude dans la vie que je juge leurs belles paroles. Les œuvres complètement dissociées des biographies me font l’effet de corps sans visages.

« Et nous ? Comment vivons-nous, chacun ? »

Comment vivent ceux qui philosophent sur la vie ? Comment se gouvernent ceux qui nous gouvernent ? En fréquentant brièvement quelques figures du sérail, j’ai pu remarquer à quel point l’observation ironique de Minga était juste et à point nommé : il fait souvent sombre, très sombre, derrière le décor lumineux de la scène médiatique.

Et nous ? Comment vivons-nous, chacun, derrière ce rideau quand il se referme ? Qu’y a-t-il sous l’habit d’opinion, dans le silence de l’ego, quand le téléphone s’éteint, le sourire disparaît et la langue cesse de danser ? À bien y réfléchir, nous devrions nous taire plus souvent sur certains sujets…

C’est pourquoi, je plains les chroniqueurs, non pas pour leur rythme de travail, mais pour l’absurdité que rencontre un homme qui doit parler sans cesse quand il n’a rien à dire. Cette situation illustre parfaitement notre société autiste qui n’entend pas ceux qui souffrent et poussent à la logorrhée ceux dont c’est l’attribution [2]. Le tout résonne interminablement dans la presse et à la télé, comme un bruit de fond qui couvre les soupirs de la foule.

« Le 10 novembre prochain... »

Cette foule ne pourra se faire entendre qu’en criant à l’unisson, le même jour, simultanément. Le 10 novembre prochain, j’en serai. Dans la rue, n’importe où. J’en serai à l’appel du C.N.R. [3], autonome et déterminé, et non selon le bon vouloir de syndicats qui ont perdu toute crédibilité au fil de réactions ridiculement insuffisantes face à la destruction programmée du bien commun, des acquis sociaux et des libertés individuelles.

Il est temps de revenir aux fondamentaux et de délaisser, là encore, la diversion médiatique.


Mini-vidéo-entracte :

Bref, voilà pourquoi je me suis tu. Avant de reprendre la parole, j’ai relu et peaufiné mes manuscrits, dans le silence de l’introspection. Ainsi, viennent de paraître mes nouveaux Poèmes ignobles, assortis d’une préface sur le blasphème et enveloppés d’une couverture on ne peut plus explicite (voir ici). Ils sont sortis à l’occasion de la visite papale, en guise d’accueil vigilant sur la question brûlante de la liberté d’expression.

« Je viendrai à votre rencontre, durant ce trimestre... »

Je viendrai à votre rencontre, durant ce trimestre, pour en discuter avec vous (liste des RV ici). Cela fait trois ans [4] que je n’avais pas repris la route. La route des lecteurs, amis, libraires, associations... Quand vous me verrez arriver, j’aurai plusieurs nouveaux bouquins sous le bras dont, pour la première fois, un roman. Si l’on m’avait dit, il y a dix ans, que j’écrirai un jour un roman, j’aurais ri au nez de mon interlocuteur. Pourtant, convaincu par quelques proches à commencer par Maud, je me suis progressivement penché sur ce genre et finalement je suis tombé dedans.

Ce premier roman a pour titre Les Lèvres d’Athènes (voir ici). J’y ai mis toute ma poésie, ma connaissance de la Grèce, ma passion pour les digressions érotiques et la critique sociale, et même, si j’ose dire, toute ma philosophie. C’est pourquoi, je suis très impatient de découvrir l’accueil que vous accorderez à ce livre à part entière, élément majeur de mon modeste et marginal itinéraire. Pour l’instant, mon comité de lecture et mes confrères m’ont vivement encouragé. Mais rien ne vaut l’agora, le tumulte du verbe, le hasard des regards, la foudre des critiques.

« Face à un monde qui tourne à l’envers, il est plus que jamais nécessaire de sonder les fondations de nos sociétés et l’enracinement de nos vies. »

Les Lèvres d’Athènes est un livre dans lequel j’ai essayé de mettre en parallèle, en perspective, en cohérence, la vie et la pensée du personnage principal : un jeune homme de dix-sept ans d’origine grecque, prénommé Agénos [5], dont le voyage sur sa terre d’origine va être déterminant à tous les niveaux… Un jeune adulte en devenir face à la trompeuse hospitalité du monde. Un être humain face à l’universelle question du sens de la vie, à commencer par le préliminaire de Camus : « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. » (Le mythe de Sisyphe, 1942 ; aussitôt après avoir répondu oui, il en tira les conséquences en écrivant L’homme révolté).

Face à un monde qui tourne à l’envers, il est plus que jamais nécessaire de sonder les fondations de nos sociétés et l’enracinement de nos vies. Ce faisant, il est d’usage de découvrir des présupposés comme autant de dogmes. Des freins au changement qu’il nous faut desserrer pour mieux, demain, desserrer les dents. Des freins à l’avènement d’un monde plus humain. Des freins à la naissance d’une vie digne de ce nom.

Y.Y.


Deux nouveaux titres dans la presse insoumise : SINÉ-HEBDO et LE SARKOPHAGE. Bon vent à Siné-Hebdo qui vient de larguer les amarres avec une belle brochette d’enfoirés à bord et plein de bons copains (sans oublier tous ceux qui ont signé la pétition...). Ça fait songer à la genèse de Hara-Kiri avec un petit air d’An 01 ! Salutaire en ces temps obscurs où les bonnes lectures se font rares. Idem pour Le Sarkophage qui commence à trouver sa vitesse de croisière dans l’analyse de « tous les sarkozysmes », sur l’initiative de Paul Ariès. Je me souviens d’un mail reçu de lui en pleine tempête post-électorale, auquel j’avais honteusement répondu qu’il me semblait préférable d’attendre un peu, avec divers arguments. Je reconnais ici que je m’étais trompé : Paul a bien fait de foncer sans attendre. Bref, deux nouveaux titres en kiosques à soutenir, avec d’autres...


Vidéo-post-scriptum :


À lire sur le même sujet :
- Une vidéo sur l’origine de la crise financière actuelle
- Les éditos précédents
- Des extraits du roman Les Lèvres d’Athènes
- Les autres parutions récentes
- La liste des rencontres-débats-signatures en cours (automne 2008)
- Vous souhaitez organiser une rencontre, un débat ou une signature avec Yannis ? Contactez-le ici.
- Témoignages, critiques...
- Version française d’Imagine (chanson, d’après John Lennon)

Également sur la critique des médias :
- Soirée télé ou La liberté de dire non (théâtre)
- Critique de la démoscopie, Du débat démocratique confisqué par son propre spectacle (conférence et essai)
- Télé vison (lu par Yannis) & Le tube catholique (lu par Jacques Durbec)
- Amer hic (lu par Yannis) & Coca-colique
- Mac Renard (chanté par Jacques Durbec)
- 21 avril 2002 : soir de Pen (chanson)
- Extrait du film Telepolis (vidéothèque)

Également sur la critique de la "Monarchie Républicaine" :
- Versailles (interprété par Thomas Maredance)
- Diane ou Marianne ?
- Alerte universelle
- Connivences toxiques

Pour en savoir plus sur l’auteur :
- Itinéraire 1970-2008 (biographie, par Maud)
- Œuvres (bibliographie)
- Questionnaire de... (pas celui de Proust mais des visiteurs)

Et pour se moquer amicalement de lui :
- Michael Therrat à propos des Vers psychotropes de Yannis
- Gérard Bastide à propos de la "fracture sociale" de Yannis
- Patrick Chérais à propos des circonstances de la fracture de Yannis (dessin ironique)
- Nanou à propos du DJtas (joke)
- (...)

Quelques lignes à propos de l’accident (de la route, en 2006) auquel il fait allusion dans cet édito :
- Père et fils
- Divine erreur ? ou La surprise du mouton noir
- Méditations d’un survivant (janvier 2006)

N’hésitez pas à laisser un commentaire. Yannis sera automatiquement prévenu par email et, éventuellement, vous répondra volontiers à la suite. Cette invitation est valable pour toutes les pages de ce site (site que nous lui avons offert à la fin de l’hiver). Merci pour lui et pour nous tou-te-s. Au plaisir de vous lire,

Maud, Éric, Minga
Lola, Nicole, Nathalie
et les "chats de gouttière"

PS : évitez les accents en créant vos login et mot de passe (après avoir cliqué sur "s’inscrire", au pied de cette page, dans la zone rouge) : il paraît que ça peu coincer parfois.

Notes

[1] Fondateur et animateur du site www.revoltes.net.

[2] Ceux que Roger Rossetti appelle « les hommes-troncs » dans son recueil Envers et contre tout… ou presque ! (La gouttière, octobre 2008), à découvrir en cliquant ici.

[3] Conseil National de la Résistance ; site national :
http://www.conseilnationaldelaresistance.fr.

[4] Suite à un premier accident (de voiture).

[5] En grec, ça signifie : « celui qui ne peut achever sa naissance ». Lire l’article de ce site sur l’inatalité.


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